FAUNE MARINE DES RECIFS FRANGEANTS
DE NOUVELLE-CALEDONIE

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles et d'archipels mélanésiens de l'océan Pacifique Sud, situé dans la mer de Corail. Elle couvre une superficie terrestre totale de 18 575 km2 et environ 3400 km de côtes. Elle est centrée autour d'une île principale, la Grande Terre, surnommée par ses habitants «le Caillou». Le lagon néo-calédonien est l’un des plus grands du monde, avec une superficie de 24 000 km2. Il est ceinturé par une barrière de corail d'une longueur de 1600 km, située entre 2 et 50 km des côtes, s'étendant des récifs d'Entrecasteaux, au nord-ouest, à l'île des Pins, au sud-est, sur 680 km de long. Le bilan des connaissances sur la biodiversité marine de Nouvelle-Calédonie fait état d'environ 12 000 espèces recensées, dont 5 % sont endémiques, avec un bon nombre de «fossiles vivants et formes archaïques». Cependant, de nombreux secteurs géographiques demeurent inexplorés, ce qui laisse à penser que la biodiversité est bien plus importante encore.
Carte Open Street Map Nouvelle-Calédonie


Récifs frangeants & marées

Les récifs frangeants sont les premiers types de récifs à se développer sur les bords du littoral. Ils forment, avec le temps, un court platier de faible profondeur composé de corail mort, de sable et d'alluvions. Ils se distinguent nettement des récifs barrière par leur taille, plus modeste, et l'affleurement de la zone corallienne qui subit l'influence des marées. Même si certaines zones peuvent être très glissantes, il est assez facile de s'y déplacer à marée basse et d'approcher une faune très variée. Certains récifs frangeants sont classés «réserve marine» et donc interdits aux activités humaines. Cependant, la majeure partie d’entre eux n’est pas réglementée ce qui permet d'y pratiquer la pêche à pied, dans le respect de la réglementation, ou le kitesurf.
Récif Kéré à St Gabriel Côte Sud-est Nouvelle-Calédonie
Récif Kéré à St Gabriel (Côte Sud-est)

En Nouvelle-Calédonie, le régime des marées est de type semi-diurne à inégalité diurne (2 pleines mers et 2 basses mers par jour, à des hauteurs irrégulières). Le marnage ne dépasse jamais 1,60 m (0,15 – 1,75 m). Chaque mois lunaire comporte deux vives eaux et deux mortes eaux. Elles se produisent aux alentours des pleines et nouvelles lunes de jour ou de nuit. Dans cette partie du monde, les marées se décalent de 42 à 48 minutes chaque jour. Cette variation est régie par le cycle lunaire qui est d'environ 24h50 min.

Au-delà de la consultation évidente de l'annuaire des marées, il faut aussi savoir que d'autres phénomènes comme les effets météorologiques, la configuration de la côte et les courants marins peuvent influencer la hauteur d'eau. Ainsi, un vent local soufflant du large ou de terre, selon sa force, peut avoir une influence sur la marée. Il en va de même pour la pression atmosphérique qui, peut elle aussi modifier l'amplitude du mouvement d'eau. Il convient également, selon le lieu où l'on se trouve, d'apporter des corrections, par rapport au port de référence. Ces corrections sont disponibles dans un tableau fourni, notamment, par le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM).

Technique de prises de vue

Les photographies ont été prises avec un Canon 5D Mark II et un objectif 100mm macro de la même marque. Afin d'accéder à un plus grande nombre d'espèces, j'ai choisi d'effectuer mes sorties de nuit, lors des plus basses eaux. Dans ces conditions, j'ai utilisé un flash Canon Speedlite 430EXII ainsi qu’une petite lampe à LED pour éclairer les sujets afin que l'appareil photo puisse faire la mise au point. J'ai réglé mon boitier sur le mode manuel avec une sensibilité de 100 ASA. J'ai choisi une ouverture à f/13 et sélectionné une vitesse de 1/125ème. Avec ces réglages et ce matériel, il n'est pas très difficile de faire des images dans les flaques d'eau dont la profondeur ne dépasse pas 10/12 cm car il s'y produit peu de réfraction liée au changement de milieu (air/eau). Au-delà d'une dizaine de centimètres, il y a peu de chance de réussir la photo, d'une part parce que l'on s'éloigne de la mise au point minimale possible (taille du sujet par rapport à celle du capteur) et d'autre part parce-que le reflet du flash apparaît sur l'image. Pour les sujets à la surface de l'eau ou sur le récif, il est difficile d’échapper aux reflets liés à la brillance de leur carapace ou à celle de l'eau environnante. J'ai essayé d’utiliser un diffuseur «maison» mais sans grand succès. J'ai trouvé un compromis qui me satisfaisait en utilisant le volet grand angle intégré au flash.

Le vent est contraignant car il crée des ondulations à la surface des poches d'eau. Dans ce cas, la photo est impossible car le sujet et complètement déformé. La vitesse moyenne du vent est en général plus faible la nuit car elle varie alors peu. C'est une raison supplémentaire pour privilégier les sorties à ce moment-là.
Exemple photo effet miroir surface de l'eau Récif Frangeant
A gauche, cette photographie d'oursin a été prise lors d'une rafale de vent. Des ridules se sont formées à la surface de l'eau, déformant complètement l'image. A droite, ce bernard l’ermite se trouvait dans une poche d'eau profonde de plus de 10cm. Quand je me suis approché pour avoir une mise au point maximum, la lumière du flash s'est reflétée sur la surface de l'eau comme dans un miroir.

Interaction avec la nature

J'ai pour principe de ne pas retourner les rochers, de regarder où je mets les pieds lorsque je me déplace et d’éviter au maximum de toucher les sujets que je photographie. Il est à noter que certaines espèces ne se prêtent pas à des manipulations pour des raisons de taille ou de risques potentiels de blessures pour elles ou pour le photographe. Pour repérer la faune, je m’arrête dans chaque trou d'eau. Si les conditions sont réunies pour réaliser une série d'images, je regarde s'il y a quelque chose à photographier. Cela veut dire qu'en trois heures de présence sur le site, je ne parcours, en général, pas plus de 500 mètres compte tenu de la faible portée du faisceau de ma lampe et de la taille réduite de la faune. Certaines espèces se déplacent au sec sur le récif comme les porcelaines, certains mollusques et les crabes. Il est surprenant de découvrir des poissons juvéniles se cachant dans de minuscules poches d'eau, voire dans des flaques de quelques centimètres sur des rochers se trouvant à 70 cm au-dessus du niveau de la marée basse. Plusieurs fois, j'ai croisé des oiseaux qui se reposaient sur le récif. On les repère d'abord à leur cri inquiet puis, lorsque l'on est assez proche, au bruit que font leurs ailes lorsqu’ils s’enfuient. Au début, cela surprend ! J'ai également croisé des serpents marins très fréquents sur le «Caillou». Leur venin est mortel, comme pour la majeure partie des serpents marins, mais ils ne sont pas du tout agressifs. Ils peuvent simplement vous surprendre lorsque vous êtes concentré sur une prise de vue, en passant, par exemple, entre l'objectif et le sujet que vous photographiez.
Laticauda laticaudata linnaeus récif frangeant Nouvelle-Calédonie
LATICAUDA LATICAUDATA - (LINNAEUS, 1758)

Équipements & sécurité

La connaissance du site est importante et aide à améliorer la sécurité. Un repérage de jour est fort utile pour étudier l’accès au récif ainsi que les zones de mise à l’abri potentielles. Dans tous les cas, avant de partir, je vérifie la météo (pluie et vent). Je note bien l'heure de la basse mer et son amplitude pour avoir une idée de la vitesse à laquelle l'eau va monter. Je me rends sur le site 1h30 avant la basse mer et le quitte en général 1h30 après. Sur le platier, aucun coin n’est plus favorable qu'un autre. Selon la configuration du récif frangeant, il faut privilégier le côté mer lorsque l'on est proche de l'horaire de la basse mer. Ensuite, on peut, par exemple, zigzaguer en se rapprochant des endroits où l'on sera en sécurité. Il faut bien se garder de traverser un chenal profond entre deux zones du platier pour éviter de se retrouver bloqué ou bien de chuter à cause du courant. Je me limite à des profondeurs d'une vingtaine de centimètres au maximum. Comme l’ensemble de mes sorties se sont effectuées de nuit en solo, l'équipement est adapté à la situation. Pour me déplacer sur le platier, j'utilise des bottillons de plongée à semelle épaisse. Je porte une tenue multi-poches (pantalon, veste) afin de transporter des piles de rechange pour le flash, un téléphone portable, des barres de céréales, un couteau multifonctions, de l'essuie-tout pour nettoyer l'objectif, une bouteille d'eau, les clefs de la voiture… etc. Mon sac photo, traité contre la pluie, me sert à ranger et protéger le matériel au cas où une grosse averse surviendrait. Pour m’orienter sur le récif, j'utilise la même petite lampe LED qui me sert pour les prises de vue. En secours, j'emporte une torche étanche de plongée à LED FA&MI d'une puissance de 80W.

LA FAUNE

Alors que beaucoup de représentants de la faune sont identifiés, bon nombre n'ont pas encore été décrits. Le parcours entre la découverte d'une nouvelle espèce biologique et sa description scientifique, formalisée par une publication, est très long. Chaque année, de nombreuses nouvelles créatures nous sont dévoilées, les chercheurs parcourant toujours plus de zones inexplorées ou effectuant régulièrement des études en laboratoire par comparaisons d'ADN.

Heureusement, pour le photographe animalier, de nombreuses sources sont disponibles (par internet ou dans les livres) pour se documenter ou s'aider dans l'identification d'un animal. Les photographies, même si elles sont de bonne qualité, ne permettent pas toujours, pour certaines espèces, de voir les détails anatomiques discriminants. Il faut se rendre à l'évidence que sans collecte et sans démarche scientifique quelques-unes resteront mystérieuses. La taxonomie étant une science évolutive, il n'est pas rare que le nom d'un genre soit modifié par un autre, augmentant ainsi la confusion lors de tentatives d'identification.  
Saron sarotron shrimp marmoratus New Caledonia
SARON MARMORATUS - (OLIVIER, 1811)

Saron Marmoratus peut atteindre une taille maximale de 6 cm mais celle-ci ne dépassait pas 3 cm. Le nom du genre «saron» provient du mot grec «sarotron » qui a pour définition «balai» probablement en référence aux appendices touffus et faisceaux de soies que l'on trouve sur son corps. Son nom d'espèce vient du latin «marmorātus» qui signifie «marbré» et lui a été donné en référence à sa livrée. De nuit, elles sont vertes mais peuvent être rouges avec des points blancs en journée. Le mâle possède des pattes antérieures plus longues et est dépourvu d'appendices touffus. La femelle possède des faisceaux de soies à l'extrémité du rostre, au milieu du dos, sur le bord externe de la carapace dorsale et sur une paire de pattes antérieures. Les pattes sont rayées de bandes circulaires de teinte verte ou brune. Cette crevette se cache le jour sauf pour s'alimenter. Elle est strictement carnivore. De nuit, elle se laisse facilement photographier en restant immobile dans quelques centimètres d'eau. Elle est très répandue car on la trouve dans toute la région Indo-Pacifique.
Crevette inconnue Nouvelle-Calédonie
Il est difficile de donner un nom à cette espèce de crevette qui mesure 2 cm, son développement n'ayant peut-être été jamais étudié. Il n'est donc pas évident d’affirmer à quel stade d'évolution elle se situe, juvénile ou un bien adulte. D’autre part les formes et les couleurs de nombreuses espèces changent selon leur biotope ou leur alimentation rendant l'identification sur photographie très aléatoire. La transparence de cette espèce est aussi à noter car elle lui permet de se confondre avec le milieu ambiant et d'être bien moins facilement repérable par les prédateurs. A l’inverse, un foisonnement de couleurs trahit, en général, une certaine toxicité et a un effet dissuasif sur les possibles assaillants.
Arthropodes formes couleurs crevette lagon Calédonien
A marée basse, le platier recèle de nombreux arthropodes aux formes et aux couleurs diverses. Ces deux crevettes se déplaçaient dans quelques centimètres d'eau. Contrairement à la crevette saron, les couleurs de leurs carapaces sont plutôt neutres. La crevette de gauche, est de la famille des Penaeidae qui comporte 37 genres et de nombreuses espèces. Sa robe striée et ses yeux bleus ne sont pas suffisamment discriminants pour l'identifier formellement à partir des ressources disponibles sur internet. La crevette de droite, du genre Alpheus, regroupe plus de 80 espèces. Elle a la particularité de s'associer avec d'autres organismes comme des colonies de corail ou d'autres espèces de gobies afin de trouver une protection.
Entomacrodus caudofasciatus regan Poisson récif frangeant Nouvelle-Calédonie
ENTOMACRODUS CAUDOFASCIATUS (REGAN, 1909)

Entomacrodus caudofasciatus peut atteindre une taille maximale de 7 cm. Le nom du genre vient du Grec «ento» qui signifie «à l'intérieur», du Grec «makros» qui signifie «grand, long» et du Grec «odous» qui signifie «dents». Le choix de cette combinaison de noms se refère à sa dentition qui est particulière avec de nombreuses dents fixées à l'intérieur de sa gueule. Son nom d'espèce vient du latin «cauda» qui signifie «queue d'un animal» et du mot « fasciatus» qui signifie «entouré de bandes, rayé». Cela provient de sa nageoire caudale qui présente des rayures verticales. Son nom vernaculaire provient de la traduction littérale anglaise «Tail-barred rockskipper» qui peut se traduire par «Sauteur des rochers à queue barrée». Ce poisson a tendance à affectionner les zones rocheuses soumises à l'action des vagues et à se déplacer par bonds lorsqu'il est dans des flaques d'eau. Il évolue dans une tranche de profondeur comprise entre 0 et 3 m. Son régime alimentaire est constitué d'algues, de détritus organiques et de petits invertébrés. Il est très répandu dans tout l'Indo-Pacifique. C'est un poisson facile à photographier car il n'est pas craintif. On pourrait même ajouter qu'il donne l'impression de poser.
Arothron hispidus Linnaeus poisson récif frangeant Ricaudy Nouméa Nouvelle-Calédonie
AROTHRON HISPIDUS - (LINNAEUS, 1758)

Arothron hispidus peut atteindre une taille maximale de 50 cm mais celui-ci ne dépassait pas 8 cm. Le nom du genre vient du Grec «Arothron» qui signifie «charrue» ou «arotreus» qui signifie «laboureur». Ce choix provient peut être du fait qu'il construise un nid dans le sable pour que la femelle vienne y pondre ou bien de la forme de sa mâchoire en forme de soc. Son nom d'espèce vient du latin «hispidus» qui veut dire «hérissé, raboteux». Le choix de ce nom vient de la composition de sa peau contenant une structure ayant la forme d'un épi ou d'une pointe d'aiguille (spicules osseux) et qui, au toucher, procure une sensation désagréable par sa rudesse. On le surnomme «poisson-ballon à taches blanches» du fait de sa capacité à gonfler son corps d'eau pour se défendre et à sa livrée qui présente des taches blanches. Les Arothrons ont une mâchoire puissante, formée par quatre grosses dents fusionnées : deux en haut et deux en bas, qui leur procurent un bec puissant, adapté à leur mode d'alimentation très varié. Dans cette famille de poissons, la peau et les organes internes contiennent une toxine appelée tétrodotoxine. Les muscles n'en contiennent pas et sont considérés comme un mets raffiné dans la cuisine Japonaise. En aquarium, les Arothrons peuvent vivre jusqu’à 7 ans, sont très résistants et s'adaptent facilement à ce mode de vie en captivité. On peut les rencontrer, selon leur stade d'évolution, dans les estuaires, les mangroves et en mer, dans toute la région Indo-Pacifique. Celui-ci était calme et s'est laissé photographier. Il a pivoté une fois sur lui-même pour éviter le flash, mais bizarrement n'a pas fui et est resté sur place pour les images suivantes. Il est courant de trouver des juvéniles de deux autres espèce de poissons ballons sur le platier :

Poisson ballon Nouvelle-Calédonie Arothron Manilensis Diodon liturosus faune marine
       AROTHRON MANILENSIS - (MARION de PROCE, 1822)                                                        DIODON LITUROSUS - (SHAW, 1804)
Stethojulis stigiventer récif frangeant Nouvelle-Calédonie faune marine poissons à nageoires rayonnées
Le platier regorge de cachettes permettant aux poissons juvéniles de se protéger des prédateurs. Après de nombreuses recherches sur internet, j'ai réussi à identifier ce poisson STETHOJULIS STRIGIVENTER - (BENNETT, 1833). Dans la classe des Actinoptérygiens (poissons à nageoires rayonnées), il arrive que la forme juvénile soit totalement différente de la forme adulte. Certains individus arborent un dimorphisme sexuel marqué ainsi qu'un changement des couleurs du corps selon leur état de stress, le moment de la journée ou s'il s'agit, ou non, de la période de reproduction. Ce sujet de 5 cm se trouvait dans une flaque d'eau dans laquelle son corps tenait à peine si bien qu'il a eu quelques difficultés à se tourner pour éviter la lumière du flash. Pour imaginer la scène, disons que j'aurais pu le cueillir à la main.
Conger cinereus ruppell corps anguilliforme Récif Nouvelle-Calédonie
CONGER CINEREUS - (RUPPELL, 1830)

Conger cinereus peut atteindre une taille maximale de 130 cm mais celui-ci ne dépassait pas 70 cm. Le nom du genre a pour origine le mot latin «conger» qui signifie «congre ou anguille de mer» et date des Romains. Son nom d'espèce vient du latin «cinereus» qui veut dire «cendré» et lui a été donné en référence à sa couleur. On le surnomme «congre à moustache» du fait qu'il arbore une marque noire caractéristique qui part du dessous de l’œil et descend un peu au-delà du pli de la mâchoire. Il possède un corps anguilliforme puissant dépourvu d'écailles. Sa robe est grise cendrée le jour avec une partie dorsale plus foncée. La livrée nocturne est grise avec de larges bandes noires de tailles différentes. C'est une espèce solitaire, exclusivement nocturne. Il se nourrit principalement de crabes et de petits poissons. C'est un poisson commun que l'on le trouve dans l'ensemble de la région Indo-Pacifique. Je ne l'ai rencontré qu'une fois. Son passage a été furtif. Il était intéressé par le faisceau de ma lampe qui éclairait sa zone de chasse. Il ne s'aventure pas sur le platier et évolue sur le bord du récif dans une trentaine de centimètres d'eau. Le flash l’a suffisamment surpris pour que je puisse m'approcher et prendre quelques clichés.

Aplysia dactylomela Nouvelle-Calédonie photographie de nuit sur le récif à marée basse
APLYSIA DACTYLOMELA - (RANG, 1828)

Alors que selon la littérature Aplysia dactylomela peut atteindre une taille maximale de 40 cm, celle-ci ne mesurait que 12 cm. Le nom du genre remonte à Aristote et vient du Grec «aplusia» qui signifie «éponge d'un jaune sale ou ce que l'on ne peut pas laver ou nettoyer». Il est à noter également qu'en latin «aplysia, aplysiae» signifie «éponges communes ou éponges de mauvaise qualité». La texture de sa robe qui semble sale et rugueuse peut expliquer ce(s) choix. Son nom d'espèce vient du mot grec «daktúlios» qui signifie «anneau que l’on porte au doigt, bague» et du mot latin «melas» qui signifie «tache noire sur la peau». La combinaison de ces deux mots correspond bien à la livrée de son manteau qui présente des anneaux noirs ou verts irréguliers. On la surnomme «lièvre de mer ocellé» par sa forme qui représente les oreilles d'un lièvre et «ocellé» pour les anneaux présents sur son corps. Elle se nourrit d'algues lui permettant de secréter dans ses tissus une toxine la rendant non comestible et influençant la couleur de sa robe. Elle a peu de prédateurs mais est capable, pour se défendre, de cracher un puissant jet d'encre violette. Dans son livre «Faune des médecins ou histoire des animaux et de leurs produits», Volume1, Hippolyte Cloquet (1822) rapporte que Pline l'Ancien, écrivain et naturaliste romain du Ier siècle et auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée «Histoire naturelle», prêtait à ces créatures des qualités bien surprenantes dont celle-ci : sa seule vue peut faire mourir... Elle préfère les zones où elle trouve des herbiers ou des algues, dans des profondeurs inférieures à 15m. Très commune, on la trouve dans toutes les mers tempérées du monde. Elle a tendance à fuir la lumière en se réfugiant dans les herbiers. Sa vitesse de déplacement n'étant pas rapide, il est assez aisé de la photographier, le plus difficile étant de la repérer parmi les herbes.
Ver plat structures anatomiques de l'appareil reproducteur Euryleptidae yeux cérébraux
Cette photographie de vers plats ne permet pas son identification exacte. En effet, elle ne met pas en évidence certaines structures anatomiques de l'appareil reproducteur indispensables pour le reconnaître. Il appartient à la famille des Euryleptidae qui, actuellement, contient 17 genres et 2 sous-familles, chacune contenant plusieurs espèces. Cette famille est caractérisée, entre autres, par des «yeux cérébraux» présents sous forme de deux taches allongées sur le dos et une ventouse située au milieu du corps sur la face ventrale. Sa taille est d'environ 7cm. Son corps est si souple qu'il a littéralement disparu en trois secondes dans une anfractuosité de la roche.
Vers polychètes famille des Eunicidae griffes buccales aquarium
Ces deux vers polychètes de la famille des Eunicidae sont de discrets habitants du récif. Ils sont voraces et se nourrissent de proies passant à portée de leurs griffes buccales. Certaines espèces atteignent 3 m de long pour un diamètre de 2,5 cm. C'est à se demander à quoi peut bien servir un corps aussi long ? Il n'est pas rare que certains se retrouvent par hasard dans des aquariums où ils causent de nombreux dégâts tant sur le décor que sur la population du bac. Sur les images ci-dessus, celui de gauche mesurait 35 cm alors que celui de droite n’en mesurait que 15. Les deux n'ont pas apprécié la lumière et ont reculé en quelques secondes dans leur cachette.
Holothurie serpent juvénile tentacule déchet organique Nouvelle-Calédonie
Cette photographie montre la bouche d'une holothurie serpent juvénile. Son corps, d'une dizaine de centimètres de long, était en majeure partie caché dans le sédiment. Les tentacules terminaux sont des bras qui servent à porter à la bouche les déchets organiques qu'elle trouve en fouillant le sable. Elle se contracte ou s'étire selon qu'elle se sent menacée ou cherche de la nourriture. Le pouvoir d'étirement de cette famille d'holoturies serpents est assez stupéfiant, certains adultes pouvant multiplier par cinq leur longueur d'origine. Leur système de protection est assez efficace et réside dans la capacité de leur corps à adhérer aux prédateurs. Le moindre mouvement pour essayer de les décoller crée un courant qui attire un autre endroit de leur corps sur l’agresseur.
Bohadschia similis semper Joannes Baptista Bohadschprofesseur de botanique pharmacologie naturaliste
BOHADSCHIA SIMILIS - (SEMPER, 1868)

Bohadschia similis peut atteindre une taille maximale de 30 cm. Le nom du genre a été donné en l’honneur du chercheur Joannes Baptista Bohadsch (1724-1772) un professeur de botanique, de pharmacologie et naturaliste. Son nom d'espèce vient du latin «similis» signifiant «semblable». Son nom vernaculaire est «holothurie des sables à taches». Elle vit à très faible profondeur dans des zones à sédiments meubles. Elle est surtout nocturne. Son régime alimentaire, détritivore, implique qu’elle doit avaler du sable pour digérer les déchets organiques qui s’y trouvent. Les holothuries dégagent en permanence des toxines dangereuses, voire mortelles pour la plupart des poissons. Pour compléter son arsenal, lorsqu'elle se sent agressée, elle expulse, à travers son orifice cloacal, des filaments particulièrement collants appelés «tubes de Cuvier» qui ont pour but d'immobiliser l'assaillant, poisson, mollusque, crabe ou pêcheur. Elle dispose aussi d'un mécanisme de défense ultime qui consiste à éjecter une grande partie de ses viscères dans l'eau. Certaines holothuries sont très prisées par les populations asiatiques pour leurs vertus médicinales. Elles sont considérées comme une source de jouvence et contribuent également à l’élaboration de nombreux produits pharmaceutiques. On la retrouve dans des recettes de cuisine vidée, bouillie, séchée ou fumée. Il existe, depuis septembre 2010, en Nouvelle-Calédonie, une ferme aquacole spécialisée dans l'écloserie et l'élevage de l'holothurie des sables (Holothuria scabra) dont la valeur commerciale est très importante.

Mespilia globulus forme hémisphérique oursin smoking
MESPILIA GLOBULUS - (LINNAEUS, 1758)

Mespilia globulus peut atteindre un diamètre de 5 cm. Le nom du genre «mespilia» provient du latin «mespilium» qui désigne «un bois de néflier» en référence à la forme hémisphérique du fruit de cet arbre. Son nom d'espèce vient du latin «globulus» qui a pour définition «petit globe». Son nom vernaculaire d'«oursin smoking» lui a été donné en rapport aux couleurs de son épiderme et à la forme de ses piquants qui lui donne un air élégant. Il s’agit d’un animal plutôt nocturne qui reste discret durant la journée. Il vit sur les platiers parmi les herbiers et se nourrit d'algues qu'il broute sur le récif. Ces piquants rouges lui permettent de ramasser des débris d'algues ou de coquilles afin de lui servir de carapace de protection et de le renseigner sur son environnement. Pour réaliser cette photographie, il a fallu que je retire les quelques débris qui étaient collés sur son corps. C'est la seule espèce que j'ai du manipuler afin qu’elle révèle ses couleurs.
Jacksonaster depressum tonganese Nouvelle-Calédonie oursin du récif en forme de fleur
JACKSONASTER DEPRESSUM TONGANESE - (A. AGASSIZ, 1841)

Cet oursin Jacksonaster depressum tonganese mesurait 7 cm de diamètre. Le nom du genre «Jacksonaster» a été donné en hommage à Robert Tracy Jackson (1861-1948) un paléontologue américain et du mot latin «aster» qui signifie «étoile». Le nom d'espèce vient du latin «depressum» et signifie «abaissé, enfoncé», sûrement en raison de sa forme très aplatie. Le nom de la sous-espèce «Tonganese» vient du lieu de la découverte de l'holotype ayant servie à la première description, en l’occurrence le Royaume du Tonga. Son nom vernaculaire vient de l'anglais «sand dollar» qui se traduit par «dollar des sables». Il se nourrit des détritus organiques qu'il trouve en fouillant la surface du sédiment. La représentation florale qui habille son corps est constituée de piquants plus longs. On le trouve sur le platier posé sur des zones sablonneuses ce qui le rend facile à photographier.

Tonna perdix mollusque coquille collection Nouvelle-Calédonie récif frangeant
TONNA PERDIX - (LINNAEUS, 1758)

La coquille de Tonna perdix a une longueur, à l’âge adulte, comprise entre 10 et 20 cm et un diamètre maximum de 15 cm. L'animal peut, quant à lui, s'étaler sur une quarantaine de centimètres. Le nom du genre vient du latin «tonna» qui veut dire «outre, récipient» et a été choisi en raison de la grande taille de sa coquille. Dans le «Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle», volume 34, de C. S. Somoni & J. E. de Sève, datant de 1819, il est rapporté que les grosses coquilles «s'emploient, dans le midi de la France, pour puiser l'huile dans les vases où on l’a déposée.» Le nom de l'espèce vient du latin «perdix» qui signifie «perdrix», en rapport avec la couleur de sa coquille qui rappelle le plumage de l'oiseau. Son nom vernaculaire est «tonne perdrix» traduction de son nom latin. Elle possède deux tentacules céphaliques à la base desquels se trouve des yeux. Son régime alimentaire se compose d'holothuries et de mollusques. Pour les consommer, elle y injecte une sécrétion salivaire grâce à son siphon buccal charnu et long. Celle-ci, contient, entre autres, de l'acide sulfurique et agit comme des sucs gastriques faisant littéralement fondre l'intérieur de la proie qu'elle n'a plus qu'à aspirer. Elle est très répandue dans toute la zone Indo-Pacifique. Celle-ci, de taille modeste, se déplaçait doucement sur le récif à quelques mètres du rivage.

Mauitia eglantina porcelaine Nouvelle-Calédonie coquillage
MAURITIA EGLANTINA - (DUCLOS, 1833)

La coquille de cette porcelaine Mauritia eglantina mesurait 4 cm alors que la taille maximum décrite peut atteindre de 6,5 cm. Le genre «Mauritia» a été décrit par le zoologiste allemand F. H. Troschel en 1863. Ce choix reste mystérieux en l'absence de documents précis en indiquant l'origine. Le nom de l’espèce provient d'une description du malacologue Français P-L Duclos faite en 1833. La combinaison originale était «Cypraea eglantina». Puis le nom changea lorsque de nouvelles études modifièrent son genre. Le nom «eglantina» reste pour sa part, inexpliqué. Le nom vernaculaire «porcelaine églantine» fait référence à la coquille ressemblant à de la céramique ou à de l'émail brillant. Ici, «porcelaine» a un double sens car il vient aussi du latin «porcella» qui signifie «truie». En effet, le dessous du coquillage ressemble à la vulve d'une truie. Elle arbore, sur cette photo, un fin manteau rétractable de couleur gris qui a pour fonction de déposer une couche de matière empêchant les algues et les animaux incrustants de pousser sur la coquille. En Nouvelle-Calédonie, cette porcelaine est souvent atteinte de mélanisme (nigérisation) et de rostration probablement dues aux pollutions apportées par l'exploitation minière. De par leurs couleurs et leur taille, les porcelaines sont très prisées par les collectionneurs.

Monetaria moneta mollusque non identifié récif frangeant de Nouvelle-Calédonie
Le platier abrite de nombreux animaux à coquille. Sur ces deux images, on peut voir à gauche Monetaria moneta (Linnaeus, 1758), une porcelaine de petite taille, très courante, qui vit dans les lagons. Elle se cache durant la journée sous des roches et ne sort que la nuit pour se nourrir d'algues. A gauche, ce mollusque non identifié se déplaçait à marée basse sur les rochers bordant le platier. A marée haute, il s'accroche au rocher en utilisant une ventouse qui se situe sous son pied. Il possède des yeux situés à la base de chacune de ses antennes.
Bulla mabillei mollusque Nouvelle-Calédonie siphon buccal sucs gastriques
A gauche, l'image montre un minuscule gastropode non identifié qui cherchait sa nourriture sur le platier. On remarque un de ses yeux noirs à la base d'un de ses tentacules céphaliques. Comme «Tonna perdix», il possède un siphon buccal qui lui sert à injecter des sucs gastriques dans ses proies. A droite, il s’agit d’un mollusque essentiellement nocturne, nommé «Bulla mabillei» (Locard, 1897). Sur cette image, le long ruban jaune est une ponte qu'il venait juste d'émettre.
Dardanus deformis bernard l’ermite bernat l'ermito Nouvelle-Calédonie
DARDANUS DEFORMIS (H. MILNE EDWARDS, 1836)

Le corps de Dardanus deformis peut atteindre 10 cm de long. Pour s'abriter, ce bernard l'ermite occupe la coquille vide d’un autre mollusque dont il changera au gré de sa croissance. Le nom du genre, «dardanus» vient de la latinisation du mot grec «Dardanos» qui signifie «Troyen». Ce mot a été choisi en référence au cheval de Troie parce que le bernard l’ermite se sert d'une coquille pour se déplacer et se protéger. Le nom d'espèce vient du latin «deformis» qui signifie «difforme, laid». Il est facile, en regardant l'animal, de comprendre ce choix. Son nom vernaculaire est «bernard l'ermite» et possède plusieurs orthographes. Ce nom apparait au 14ème siècle dans l'occitan languedocien «bernat l'ermito». Le mot «bernat» est probablement le nom propre ''Bernard'' qui était très employé durant cette période comme surnom pour désigner certains animaux. Quant au nom «l'ermito», il vient du mode de vie de l'animal qui se glisse dans une coquille vide pour y vivre seul, comme un ermite dans sa cellule. Il s’agit d’un décapode (animal à dix pattes) mais on ne voit de lui que sa tête et les trois premières paires de pattes, les autres restant à l’abri dans la coquille. Ses yeux verts à facettes sont fixés au bout de pédoncules qui lui permettent d’observer sans s'exposer. Pour se protéger, il peut fixer sur son habitation une anémone qu'il transportera constamment créant ainsi une véritable relation symbiotique. Tandis qu’elle le protège des prédateurs grâce à ses tentacules urticantes il la nourrit, involontairement, de chair fraîche lorsqu'il déchiquette une proie. Il reste caché le jour sous des roches ou des blocs de corail mort et sort la nuit sur le platier pour se nourrir. Il a tendance à se rétracter dans son armure à la moindre alerte, mais au bout de quelques dizaines de secondes, si rien ne se passe, il reprend ses activités. Le photographier demande de la patience car il est assez peureux.
Pilumnus vespertilio crabe poilu Nouvelle-Calédonie J. C. Fabricius
PILUMNUS VESPERTILIO - (FABRICIUS, 1793)

Cet étrange petit crabe, Pilumnus vespertilio, mesure environ 5 cm de largeur. Le nom du genre «pilumnus» a été choisi en référence à «Deverra», divinité romaine, qui était l'épouse de Pilumnus. Elle est connue dans la mythologie pour les actions protectrices qu’elle octroyait en balayant le pas de la porte après la naissance d’un enfant. Il est probable que William Elford Leach, un zoologiste britannique, à l'époque, ait fait ce choix en comparant la carapace poilue de ce crabe aux poils d'un balai. Le nom d'espèce vient du latin «vespertilio» qui signifie «chauve-souris». L'origine de ce nom est peut-être due à ses mœurs nocturnes ou à la ressemblance de sa carapace poilue avec la fourrure d'une chauve-souris. Son nom vernaculaire, «crabe poilu», s'applique parfaitement à la pilosité de son corps. Cette sorte de fourrure a pour fonction de dissimuler ses formes et de collecter des sédiments pour l'aider à se confondre avec le milieu. Il vit dans la zone d'influence des marées en creusant des cavités dans le substrat où il est assez répandu. Il se nourrit principalement d'algues mais, comme le montre cette photographie, ne dédaigne pas non plus certains mollusques. Ici, c'est une «porcelaine monnaie» (monetaria moneta) qui a été repérée grâce à l'éclairage de ma lampe. Il s'est précipité dessus et a essayé de s'enfuir avec. Malheureusement pour lui, elle était glissante et il a dû se résigner à la laisser sur place.

Daira perlata Nouvelle-Calédonie W. de Hann zoologiste Néerlandais mythologie grecque
DAIRA PERLATA - (HERBST, 1790)

Ce crabe Daira perlata mesure 8 cm de long. Son nom de genre «Daira» a été choisi, en 1833, par W. de Hann, zoologiste néerlandais. Il trouve son origine dans la mythologie grecque puisque Daira était la fille d'Océanus et faisait partie des 3000 nymphes aquatiques appelées «Océanides». Actuellement, le genre Daira comporte seulement deux espèces vivantes et huit fossiles. Le nom d'espèce vient du latin «perna» signifiant «coquillage». «Perlata» signifie «perlée» et correspond aux nombreuses petites excroissances se trouvant sur sa carapace. Il vit dans les anfractuosités du récif, dans des zones exposée à l'action des vagues. Il est réputé toxique et a déjà causé, en 2000, des décès au Vanuatu. Sa zone de répartition est très vaste mais il reste un discret habitant du platier.
Grapsus albolineatus récifs frangeant de Nouvelle-Calédonie reportage faune
GRAPSUS ALBOLINEATUS - (LATREILLE, IN MILBERT, 1812)

Ce très joli crabe Grapsus albolineatus, dont le corps peut atteindre 6 cm de largeur, arbore de nombreuses couleurs vives sur sa carapace. Son nom de genre «grapsus» est tiré du grec «graptos ou grapsos» il signifie «peint, écrit». Le premier spécimen décrit, qui servit à la création du genre, présentait sur sa carapace des lignes et des taches noires, faisant penser à des caractères. Le nom d'espèce «albolineatus» vient de l'utilisation des mots latins «albo» qui veut dire «blanchir» et «lineatus» qui à deux sens, soit «rayé» soit «élégant, tiré à quatre épingles». Pour cette espèce, ce sont les rayures blanches qui parcourent son corps qui ont dû prévaloir. Son nom vernaculaire est «crabe coureur marbré». C'est un animal très agile et rapide qui est capable de se déplacer indifféremment dans les quatre directions. Il se réfugie sur les rochers à marée haute et part à la recherche de nourriture à marée basse. Son régime alimentaire se compose d'algues filamenteuses mais il ne dédaigne pas les cadavres d'animaux quand ils se présentent à lui. Pour le photographier, j'ai déclenché le flash sans mise au point, à trois mètres de lui. La lumière puissante de l'éclairage l'a empêché de me voir approcher et le bruit du ressac ne l'a pas alerté. J'ai pu m'approcher à moins de 30 cm de lui pour réaliser les clichés que je voulais.

Conclusion
Je mentionne, pour l’anecdote, le fait que les modèles ne sont pas forcément coopératifs et pour la plupart souvent prompts à disparaître sous un bout de corail. Heureusement, de temps en temps, il arrive que la lumière du flash «scotche» littéralement la bête qui, alors, se laisse prendre en photo sous toutes les coutures, ce qui permet de réaliser des clichés avec des axes complètement inédits. Cette approche du milieu marin par le côté terrestre complète, selon moi, parfaitement la pratique de la photographie subaquatique car elle n'est pas soumise au courant, à la houle, aux particules en suspension ou à l'encombrement du matériel. Bon nombre des images prises sur les récifs étaient inédites pour moi. Jamais, lors de mes plongées, je n'avais vu ou pu accéder à ces espèces, soit parce qu’elles se rendent invisibles à l'approche d'un plongeur, soit parce que les conditions du milieu ne permettent pas de réaliser de telles images.
C’est ce foisonnement d’espèces très différentes les unes des autres et le mystère de celles qui resteront définitivement pour moi inconnues qui donne, selon moi, tout leur attrait aux récifs frangeants.